Pourquoi visiter le Loiret en camping-car ?

Orléans... Une architecture disparate, après des bombardements, des mouvements révolutionnaires, des bâtiments détruits, d’autres reconstruits… Puis la ville qui s’engage dans les années 2000-2005, dans de grands travaux, notamment dans le centre-ville. Déposons notre camping-car, aujourd’hui, aux abords de la commune, pour découvrir la “nouvelle Orléans”, ville où artisans d’art, maîtres vinaigriers et chocolatiers sont soucieux du travail bien fait.

Depuis notre plus tendre enfance, Orléans est invariablement rattachée à Jeanne d’Arc, la Pucelle qui délivra la ville des Anglais, en 1429. Mais saviez-vous qu’elle n’y avait passé que quelques jours ? Les 600 ans de sa victoire seront célébrés en 2029. Les fêtes johanniques seront accompagnées d’autres événements : 200 ans de la cathédrale Sainte-Croix et 14e édition du Festival de Loire. Une belle année en perspective.

 

Place du Martroi

Comme nous faisons rarement une halte à Orléans, alors que sa situation géographique entre châteaux de la Loire et parcs naturels régionaux devrait nous séduire, nous vous proposons une première présentation (une autre suivra après un prochain City Break) de la capitale de la région Centre-Val de Loire, mettant en scène ses atouts historiques, patrimoniaux et gourmands.

Tout se transforme

Orléans ne s’est pas faite en un jour. La Loire a permis un commerce fluvial florissant en termes d’échanges et de matières premières. Sur les rives du fleuve royal, des commerçants et, au cœur de la ville, des artisans. Comme chaque entité politique de l’époque, on battait monnaie au numéro 1 de la rue Vieille-Monnaie. L’atelier, ouvert en 1418, est devenu un hôtel particulier. Lors de la Révolution industrielle, des secteurs économiques disparaissent au profit d’industries tournées vers l’ingénierie (Bricy), le militaire, la Cosmetic Valley (dont 45 dans le Loiret)… De nombreux bâtiments ont été construits, reconstruits à différentes époques et ce jusqu’à nos jours.

 

On remarque, en effet, différents styles architecturaux (maisons à pans de bois, centre culturel béton et verre…). Le centre-ville est désormais quasi 100 % piétonnier, après des années de travaux pour “évacuer” tous les parkings extérieurs qui s’y trouvaient.

 

Hôtel Groslot. Vitraux Saint Aignan face à La Pucelle.

A l’hôtel Groslot, ancien hôtel de ville sis place de l’Etape, on célèbre désormais les mariages. Il est toutefois possible de visiter quelques salles où l’on admirera les vitraux (la Pucelle faisant face à saint Aignan), d’immenses cheminées… même d’apparat, de lire le nom des différents élus, qui sur une plaque de marbre, qui sur des écussons dans l’ancienne salle du conseil municipal.

 

Hôtel Groslot, ancien hôtel de ville.

La cathédrale Sainte-Croix n’a pas été consacrée par le clergé car son emplacement aurait été choisi et béni par la main de Dieu (photo clef de voûte du chœur). Sa longue construction fut toujours soutenue par les rois de France, notamment Henri IV et Louis XIV, ce dernier a fait construire le dernier niveau des deux tours, en forme de couronne, deux rosaces en soleil… Pur style gothique flamboyant.

 

Cathédrale Sainte-Croix et ses tours couronnées.

Aujourd’hui, nous sommes face à un édifice religieux d’une longueur de 145 m, pour 53 de large et la flèche culmine à 106 m de haut.

Vous remarquerez, au passage la perspective : les petits immeubles de la rue Jeanne-d’Arc (première rue avec le nom d’une femme) qui mène à la cathédrale sont de même hauteur et que les lignes de fuite (les corniches) donnent d’ailleurs directement sur le monument religieux. Et pour que le champ de vision soit parfait, sans entrave aucune, la ligne de tramway bénéficie d’un système d’alimentation électrique par le sol.

N’oublions pas les gourmets

Envie de découvrir quelques spécialités du coin ? Lors de cette première escapade à Orléans, nous avons poussé la porte de la maison Martin-Pouret, maître vinaigrier depuis 1797. Sept générations se sont succédé jusqu’à l’arrivée, fin 2019, de deux nouveaux associés, David Matheron et Paul-Olivier Claudepierre.

 

Martin-Pouret, maître vinaigrier.

La tradition et les méthodes artisanales orléanaises (fermentation et vieillissement en fût de chêne) des maîtres vinaigriers et moutardiers se perpétuent, les associant au plus près des produits locaux.

Martin-Pouret propose des moutardes d'exception.

Des visites guidées sont proposées pour découvrir la manufacture.

 

Martin-Pouret. Prêt pour une dégustation ?

Un autre savoir-faire transmis, quant à lui, depuis cinq générations, se trouve dans la première boutique Les Cafés Jeanne d’Arc (1899), rue de la République, que nous avons visitée (il en existe aujourd’hui trois autres à Orléans).

 

Première boutique des Cafés Jeanne d'Arc (1899).

Une belle histoire de famille partageant une même passion maîtrisée de la sélection aux assemblages en passant par la torréfaction artisanale des cafés.

 

Collection Festival de Loire et gammes gourmandes (premier plan) et boîtes à thé originales (second plan).

La maison s’est également spécialisée dans les thés. Reconnue pour ses mélanges créatifs (des collections spéciales pour le Festival de Loire, Noël, villes jumelles…) et son engagement dans le développement de la ville via des partenariat avec Martin-Pouret, des artistes orléanais… l’entreprise propose des ateliers sur l’art de la torréfaction, l’art de la dégustation du café et celui du thé.

Un autre plaisir gourmand, le chocolat… Une petite halte chez le chocolatier Sébastien Papion alors, dans la boutique Jeanne-d’Arc ouverte il y a plus de 15 ans. Le regard est attiré par les couleurs, les pâtes à tartiner, la fontaine à chocolat, les assortiments pour composer son coffret. On retrouve cette volonté de proposer des produits de qualité, de provenance locale et engagée (miel de La Ferté-Saint-Aubin, noisettes du Val de Loire, lait Maisons Pavées qui seront associés aux fèves sélectionnées et torréfiées par le couverturier dans le laboratoire du chef chocolatier (à Chécy). Nous vous recommandons, entre autres dégustations, les Couleurs de Loire®.

Orléans est si facile d’accès qu’une prochaine visite s’impose pour découvrir la “Ville du dessous”, les bords de Loire, les moulins d’Olivet, le street-art, le village de mariniers… Nous vous ferons part d’une autre belle rencontre, à l’atelier Vitrail & Co, celle du maître verrier Eddy Romet que nous saluons.