Rétro : Dehler Optima 4.7, l'Allemand original

Pour les amateurs de nautisme, Dehler Optima est synonyme de voilier. C’est oublier un peu vite que la marque a proposé des modèles homonymes, mais bien différents qui, eux, sillonnent encore… les routes. Heureusement, celui de Damien est là pour nous rafraîchir la mémoire.

Il passe presque inaperçu avec sa couleur grise et son classique et désuet toit relevable. D’aucuns le prendraient pour un Westfalia voire un California. Pourtant, nous sommes en présence d’un rare Dehler qui plus est avec toit relevable et non rehausse, ce qui le rend encore plus exclusif. Explications.

Aux origines de la marque, nous trouvons logiquement un monsieur Dehler, ou plutôt ein herr puisque Willi, de son prénom, est allemand. Passionné de voile et de véhicule de loisirs, il s’oriente vers les premiers pour créer, en 1963, la marque à son nom avant d’être rejoint, en 1966, par son frère Heinz. Le constructeur, qui fut l’un des premiers à utiliser la fibre de verre en Europe, donne naissance à des beaux voiliers innovants, performants et polyvalents, qui feront sa renommée. À l’aube des années 1980, Heinz quitte l’entreprise. Faut-il y voir une relation de cause à effet ? Toujours est-il que Willi, toujours amoureux des véhicules de loisirs, décide de diversifier les activités de l’entreprise et de créer Dehler Mobile pour fabriquer des vans. Le premier modèle, le Profi sur Volkswagen T3, est présenté en 1981. L’engin dénote dans le petit monde du van d’alors : rehausse aérodynamique, mobilier en plastique thermoformé… les solutions adoptées par Dehler sont, à l’image de ses voiliers, innovantes. Avec l’arrivée, en 1991, de la quatrième génération du Transporter, la gamme s’élargit : Profi et Maxivan, avec un aménagement sommaire, et Optima, qui jouent la carte de la maison sur roues, déclinés en trois modèles, les 5.1 de 5,19 m et 5.4 de 5,50 m – tous deux avec extension arrière en polyester et rehausse –, le dernier se différenciant par une véritable salle d’eau close (voir PV#07) quand le premier se contente d’un bac à douche rabattable. Sans oublier, bien sûr, le “petit” 4.7 de 4,79 m qui ne dispose pas de sanitaires, mais laisse le choix entre rehausse et toit relevable. C’est dans cette dernière configuration, la plus rare, que se présente notre héros du jour.

 

© Eric Montgobert

 

Son Optima 4.7 de 1996, Damien s’en est porté acquéreur en 2016, bien avant l’engouement pour la vanlife. Il faut dire que le jeune homme avait été initié au véhicule de loisirs par deux de ses oncles avec un voyage mémorable en camping-­car sur l’île de Beauté, une dizaine d’années plus tôt. Dès lors, retourner en Corse en van a été un but. Après quelques mois de recherche, il trouve ce Dehler en Normandie, auprès d’un couple de fermiers qui avait pour dessein de partir avec au Canada. Projet avorté pour cause de grand-parentalité de jumelles. Conquis par l’agencement différent et le bel état de préservation, Damien est également séduit par l’origine marine de la marque. Quelques travaux mécaniques, réalisés par son père mécano, et une petite remise en conformité plus tard (la plaque de cuisson avait été déplacée par un ancien propriétaire), il peut enfin profiter de son Dehler et partir sur les routes au volant de son van. Entre autres la Corse, bien sûr, dont quinze jours en totale autonomie.

 

© Eric Montgobert

 

Un plan rationnel et orginal

À bord, l’Optima 4.7 propose une implantation peu commune avec une cuisine en L à l’arrière, adossée à la banquette et contre la paroi gauche. En face quelques rangements et devant, une dînette somme toute classique et identique à celle des plus gros modèles de la marque. On remarque toutefois, à demeure, une table en bois en deux parties et repliable contre la paroi (le pied se range alors contre l’embase de la banquette), mais également une transformation non conventionnelle de l’assise arrière en couchage : l’ensemble s’avance, le dossier se met à plat et un complément de matelas se glisse à l’intérieur du meuble de cuisine, spécialement évidé à l’endroit, afin de permettre une longueur suffisante. Tout le mobilier, agrémenté de touches de bois, est, bien entendu, réalisé en plastique thermoformé, signature de l’allemand.

 

© Eric Montgobert

 

Si cette matière jaunit un peu avec le temps, elle fait montre d’une belle pérennité. Quant au toit relevable, articulé à l’avant afin d’offrir une hauteur intérieure suffisante en cuisine, il n’abrite pas de lit, mais des hamacs, que l’on réservera aux enfants.

Parisien, Damien ne possède pour seul véhicule que son Optima. Mais le van reste peu au repos, car week-ends et vacances sont autant de prétextes pour naviguer à son bord, avec son compagnon Romain qu’il a converti à la vanlife. Et l’affaire ne risque pas de s’arranger, étant donné que les deux hommes espèrent bien pouvoir télétravailler à son bord et ainsi rallonger leurs escapades. Pour longtemps d’ailleurs, puisque Romain ne compte pas s’en séparer : “C’est mon premier van et sans doute le dernier.”