Contrôle technique annuel : l’Europe dit finalement non

Au prétexte de la sécurité routière et de la protection de l’environnement, l’Europe envisagerait d’obliger certains véhicules particuliers, dont des camping-cars et fourgons, à passer un contrôle technique tous les ans. Heureusement, l’idée a fait long feu.

Jamais avare de fausse bonnes idées, la Commission Européenne avait mis sur la table, en avril 2025, l’idée d’un contrôle technique annuel pour les véhicules légers de plus de dix ans. Un serpent de mer datant d’un projet de révision des règles du CT de 2014, et depuis oublié. Voitures particulières, donc, mais également petits utilitaires de moins de 3,5 tonnes de PTAC dont, bien sûr, les camping-cars, fourgons aménagés et vans à toit relevable, étaient concernés. Le tout aux motifs de la sécurité sur la route et du respect de l’environnement et sur la base de statistiques émanant des contrôles techniques réalisés.

Des chiffres pas si catastrophiques

Lesdites statistiques, pour la France en 2024, dernière année pleine, ne sont pas aussi éloquents qu’on veut bien nous le faire croire. Environ 25 % des véhicules de plus de 10 ans (20,33 % pour les 10-14 ans et près de 30 % des plus de 15 ans) ont été recalés pour défaillance majeure quand la moyenne, toutes tranches d’âge confondues, s’établit à 18,98 % (source UTAC). Concernant les défaillance critiques, vraiment problématiques, elles s’établissent à 0,95 % pour les 10-14 ans et 1,27 % pour les 15 ans et plus (0,74 % tous âges confondus). Concernant les véhicules de loisirs, souvent chouchoutés par leurs propriétaires et parcourant généralement moins de kilomètres annuellement, on est en droit d’imaginer que ces chiffres sont encore moins élevés.

Un parc vieillissant

Mais plus que ces chiffres, finalement peu alarmistes, c’est surtout le vieillissement du parc automobile qui a infléchi la décision des ministres de transports, et en premier lieu l’édile français, qui ont mis un terme à la blague en ce début de décembre. Ainsi, en France, l’âge moyen des véhicules particuliers en 2024 était de 11,2 ans (9 ans en 2011) et l’obligation du contrôle technique annuel aurait donc impacté des millions de conducteurs, pour des résultats difficilement quantifiables. La raison l’a donc emporté.