Au 1er janvier 2026 un Westfalia de février 1996 est-il moins collectionnable qu’un Font Vendôme de décembre 1995 ? D’après la loi, oui. La notion de véhicule de collection est toute relative. Mais le législateur a bien dû mettre en place des règles, et en la matière sont considérés comme tels “tous les véhicules de plus de 30 ans, qui ne sont plus produits et dont les caractéristiques n’ont pas été modifiées”. Voilà qui a le mérite d’être clair. Pour autant, cela ne suffit pas pour que votre véhicule de 30 ans révolus soit de facto “de collection” aux yeux de l’administration.
La carte grise collection
En effet, il faut faire établir une carte grise spécifique. Une démarche assez simple, qui commence par l’obtention d’une attestation de la part du constructeur ou, plus facilement, de la FFVE (Fédération française des véhicules d’époque). Un sésame payant (60 €) pour pouvoir faire établir un nouveau titre de propriété portant ladite mention (rubrique Z) via l’Agence nationale des titres sécurisés (rubrique “Refaire votre certificat d’immatriculation” si vous possédez déjà le véhicule, “Acheter ou recevoir un véhicule d’occasion” si vous venez d’en prendre possession). Attention, les délais sont relativement longs : six à sept semaines pour l’attestation FFVE, variables pour l’ANTS qui n’est toujours pas au point sur des dossiers “hors des cases”.
La carte grise collection n’est en aucun cas une obligation, mais elle offre beaucoup d’avantages pour peu d’inconvénients. Premier atout, le contrôle technique (nécessaire pour l’obtention de la carte grise). Sa périodicité est portée à 5 ans contre deux en temps normal (les véhicules d’avant 1960 en sont même dispensés) et sans obligation d’apposer la vignette sur le pare-brise. Deuxième bon point, un véhicule de collection, considéré comme objet patrimonial, ne peut être immobilisé en VGE ou VTI (véhicule gravement endommagé ou véhicule techniquement irréparable), en cas d’accident matériel important. En outre, les anciennes plaques d’immatriculation noires à lettrage argenté sont autorisées. Enfin, les véhicules de collection ont dérogation pour pouvoir circuler dans les ZFE-m sans restriction.
Les inconvénients, eux, restent assez limités. Ainsi, il est impossible de faire machine arrière et de revenir à une carte grise normale, et toute utilisation professionnelle est interdite : transport de personnes ou de marchandises, food truck, location… Enfin, nous l’avons vu plus haut, les démarches pour l’obtention d’une carte grise collection sont relativement longues.
Législateur, assureurs; une définition différente de la collection
Concernant l’assurance, des sociétés se sont spécialisées dans la garantie des véhicules de collection comme Quattro, Clavel, Mascotte ou AMV, ainsi que certains assureurs traditionnels. Précisons qu’assurance collection et carte grise collection ne sont pas corrélées. Il vous est tout à fait possible de souscrire une telle assurance pour un véhicule “normal”, à certaines conditions définies par les courtiers tels que l’âge et l’intérêt du véhicule, son utilisation, l’obligation de justifier d’une voiture pour tous les jours dûment assurée par ailleurs… Considérant que l’usage est minime et les propriétaires attentionnés, les primes sont très avantageuses par rapport à une garantie classique. En revanche, certaines restrictions sont à respecter : pas de trajet professionnel ou domicile-travail (certaines compagnies acceptent ces derniers de manière épisodique) ni d’utilisation commerciale. De même, pour ajouter certaines options ou augmenter la garantie, une expertise – à la charge du propriétaire – est obligatoire pour déterminer la valeur du modèle. Vous pouvez assurer plusieurs véhicules collectionnables (camping-cars, mais également voitures ou motos...) sur un même contrat. Les tarifs, souvent établis suivant l’âge de l’objet assuré (plus récent = plus cher), sont alors dégressifs. Au bout d’un certain nombre, s’applique la notion de flotte avec, souvent, la gratuité au-delà du cinquième ou sixième véhicule.
Enfin, quelques dates clés concernant la sécurité à bord du véhicule. Pour les ceintures de sécurité, sur les véhicules particuliers, les points d’ancrage ont été obligatoires à partir de 1964, leur présence et les ceintures à enrouleur en 1977. Concernant les utilitaires, les points d’ancrage arrivent en 1976, et le port obligatoire en 1989. Il est bien évident que si ceintures il y a, vous devez les porter. C’est également une question de bon sens. Bien sûr, vous êtes censé avoir à bord triangle et gilets réfléchissants et n’oubliez pas de fermer votre bouteille de gaz lorsque vous roulez. Pour les nostalgiques des phares jaunes, une spécificité française dont la genèse reste floue (volonté de distinguer véhicules allemands et tricolores pendant la seconde guerre mondiale, meilleure visibilité en cas de brouillard…) et qui a perduré jusqu’en 1992, leur utilisation est toujours permise par le Code de la route. Précisons toutefois que l’éclairage jaune, s’il n’est pas sans charme, est moins efficace.
Est-il possible d'aménager un utilitaire de collection ?
Rien ne vous interdit de transformer un utilitaire vintage en fourgon (ou van) aménagé. Mais il doit se plier aux normes et lois actuelles au même titre qu’un moderne avec, donc, une homologation VASP en cas de mobilier à demeure. Par ailleurs, pour un véhicule de plus de 30 ans, qui dit modification dit pas d’attestation de la part du constructeur ou de la FFVE et donc, pas de possibilité de passer en carte grise collection. Il reste alors la solution de l’aménagement modulable.