Dévoilé en avant-première au printemps 2025, puis officiellement intronisé dans la collection 2026 de Notin, le profilé Vitoria fait partie des belles surprises de cette saison. Ce modèle semble même dépasser les espérances du plus vieux constructeur français qui vient de souffler tout récemment, ses 105 bougies. Selon Guerric Bruand, directeur général adjoint de l’entreprise panissièroise, le Vitoria occupe la première place dans le hit-parade des ventes de la marque. Il est vrai que ce profilé séduit par la combinaison de sa compacité (moins de 7 mètres de long) à un agencement atypique au niveau de la chambre, mais très fonctionnel : « Nous avons des clients qui étaient venus à la concession dans l’idée d’acheter un Malaga CF. Mais la longueur de 7,20 m du véhicule les a empêchés de le garer chez eux. Ils se sont donc décidés pour le Vitoria qui, grâce à son gabarit, prend juste la place attribuée au camping-car. Ça passe juste, mais ça passe ! », nous confia Guerric Bruand lors de la prise en main du véhicule d’essai.
Nous concernant, ce ne sont pas uniquement les dimensions du profilé qui nous ont poussés à le tester. L’implantation a également contribué à orienter notre choix. En effet, la chambre arrière fait preuve d’une certaine inventivité en associant l’accessibilité d’un lit central à la position d’un couchage transversal. Notin a donc repris un plan d’antan à son compte en le réinventant pour cette saison.
Mais commençons par le commencement ! Intégré à la série Progress, le Vitoria en est le huitième modèle. Notin a pris le parti de baptiser les véhicules de la série Progress du nom de villes espagnoles. Après Bilbao, Sevilla, Almeria ou encore Malaga, voici donc le Vitoria, diminutif de Vitoria-Gasteiz, commune du Pays basque dans la province d’Alava.
De Panissières, il n’était pas question de se rendre en Espagne, le trajet étant trop long. Nous nous sommes contentés de l’arrière-pays héraultais pour profiter de la météo clémente du sud de la France. Les conditions fraîches et ventées que nous avons dû affronter pour nous rendre sur notre lieu de villégiature nous ont permis de constater l’excellente isolation thermique dont bénéficie le profilé. Durant les phases de roulage, l’acoustique nous a particulièrement séduits : aucun bruit parasite dans l’habitacle n’est venu perturber notre voyage. Ce point est à mettre en parallèle avec les qualités de conception et de finition du mobilier. En effet, celui-ci est usiné et assemblé dans l’atelier d’ébénisterie de l’usine Notin. Les blocs de meuble sont assemblés selon la bonne vieille méthode de tenons contre mortaises. Quant à l’ambiance intérieure, la tonalité d’origine de notre modèle d’essai était Java, claire et très agréable à vivre.
Composition optimale dans chaque espace
Mais la grande spécificité du Vitoria se trouve dans la position du lit permanent, à l’arrière de la cellule. Le couchage est installé transversalement, mais un petit couloir au pied permet d’accéder à l’extrémité sans avoir à chevaucher son partenaire. Ce type d’agencement autorise l’installation d’un vaste lit de 206 x 146 cm (avec un biseau réduisant la largeur à 127 cm). Ce couchage offre un excellent confort grâce à son sommier à lattes sur lequel vient se poser un épais matelas en mousse à mémoire de formes. Au pied, la largeur du “couloir” est de 37 cm au minimum. Comme le lit est haut, on y accède grâce à un petit escalier très bien pensé dont les marches font office de rangement. Précisons que la position du lit se règle à l’aide d’un petit moteur électrique, le débatement entre les deux niveaux étant de 30 cm : le tirant d’air passe alors de 130 à 100 cm et le volume de la soute augmente ou diminue de 0,70 m3.
Pour les rangements, toujours dans la chambre, outre les traditionnels placards de pavillon fixés contre le panneau arrière, le Vitoria dispose de deux tiroirs sous le sommier, d’une vaste penderie surmontée d’une lingère, des coffres, sans oublier donc, les volumes dissimulés dans les marches de l’escalier du couloir. Il y a même des niches dans l’angle du véhicule.
En cuisine, idem ! Placards hauts, tiroirs, range-bouteilles coulissant… ce poste compte de nombreux rangements très pratiques et esthétiques grâce au contraste apporté par le mobilier Java et la résine HPL noir du plan de travail. Ce dernier intègre la plaque de cuisson affleurante en verre et l’évier carré Inox dont la profondeur (15 cm) est idéale pour laver assiettes, verres, couvercles et plats. La couleur de la façade du réfrigérateur de 157 l est assortie à celle du plan de travail.
La partie avant du Vitoria reste conventionnelle. On profite d’un agréable salon avec des banquettes face-face aux dimensions généreuses et les sièges de cabine sur embase pivotante. Quatre personnes peuvent s’y retrouver à l’étape comme sur la route. Signalons que la dînette est convertible en couchage simple en installant une rallonge centrale sur la table une fois rabaissée. Pour niveler ce couchage et en améliorer le confort, Notin ajoute un surmatelas sur l’assemblage de coussins. Mais pour accueillir plus facilement – et dans un meilleur niveau de standing – un invité, il faut opter pour le lit de pavillon de 90 x 186 cm (2 380 €), élément dont disposait notre modèle d’essai. Sa hauteur sous plafond est de 102 cm. On y monte en prenant appui sur le marchepied extractible logé sous le frigo, évitant ainsi une échelle encombrante. Si l’on résume, l’accessibilité aux deux couchages est une vraie réussite dans le Vitoria. La hauteur sous le lit de pavillon (192 cm) ne nuit absolument pas à la circulation à bord, sauf si vous mesurez plus de 1,92 m.
Le salon est lumineux grâce à plusieurs ouvertures, dont l’imposant skyview (ouvrant) de série. Le soir venu, de nombreuses lumières indirectes prennent le relais.
Terminons notre essai par la salle d’eau, loin de dénoter avec le reste du véhicule. Le cabinet de toilette est indépendant de la cabine de douche. Mais contrairement à ce qui se fait par ailleurs, il n’est pas possible de réunir les deux compartiments. Cela ne crée pas de problème car chaque zone offre suffisamment d’espace pour être utilisée. Signalons, en particulier, les cotes généreuses de la cabine de douche (73 x 70 cm). Nous avons aussi beaucoup apprécié la qualité du receveur, réalisé en polyester renforcé, profond de 14 cm (ce qui évite les risques de débordement) et dans lequel le passage de roue a très peu d’emprise. En revanche, il faut lever assez haut la jambe pour entrer dans cette cabine puisque la marche atteint les 23 cm.
Ce Vitoria est intégré à la série Progress qui est la gamme d’accès du constructeur. Il faut tout de même débourser 94 900 € pour profiter de ce profilé. Ce tarif peut paraître élitiste, mais il reste cohérent avec l’univers Premium des modèles conçus par le constructeur Notin. Par ailleurs, ce n’est qu’un prix d’appel… Il faut en effet ajouter le pack Progress qui comprend le Pack Lounge (climatisation auto, chargeur à induction, combiné multimédia à écran tactile de 10 pouces avec GPS, caméra de recul connectée à la station), les feux antibrouillard avant, le marchepied électrique, les tapis de cabine, des stores de cabine… Sur l’année 2026, Notin le propose à 7 610 €. Mais notre modèle d’essai allait encore plus loin puisqu’il était équipé de la boîte auto (3 490 €), de la sellerie simili cuir (250 €), du Pack Autonomie (batterie lithium 100 Ah et panneau solaire 200 W avec régulateur MPPT) proposé avec une offre commerciale à 2 380 €, ainsi que du lit de pavillon (2 380 €)… Au bout du compte, la facture globale affiche un montant légèrement supérieur à 115 000 €. Le prix de l’exception, sans aucun doute !
Infos techniques :
- Prix de base : 94 900 €
- Prix du modèle essayé : 116 800 €
- L x l x h : 6,99 x 2,30 x 2,89 m
- Places CG/nuit : 4/3
- PTAC/CU : 3 500/455 kg
L'avis de CC MAG :
Les plus :
- Accessibilité au lit arrière
- Qualité du mobilier
- Peu de bruit au roulage
- Receveur de douche profond
- Grande quantité de rangements
Les moins :
- Confort des passagers arrière
- Grande marche pour entrer dans la douche
- Réservoir de 60 l de gasoil de série
- Autonomie en eau au roulage