Gaylord a créé un véhicule de loisirs à pédales. Son invention, il l’a nommée « la Rosalotte », mêlant rosalie et roulotte. « J’ai lancé cette aventure en 2021, explique l’inventeur. Avec la Rosalotte, je bénéficie du confort d’un camping-car. » Il a déjà parcouru 5 000 kilomètres en France, d’Angers à Brest, en passant par les Pyrénées, le Larzac, la côte méditerranéenne et les Cévennes.
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Un ancien camping-cariste
Avant de sillonner l’Hexagone à la force des jambes, Gaylord a voyagé et vécu en camping-car. « J’ai possédé deux Autostar, l’un sur châssis Peugeot J5, l’autre sur Fiat Ducato. J’ai vécu un an dans le premier et trois ans dans le second », détaille-t-il. Entre les deux, il part en Australie avec un van aménagé. Il s’appuie sur l’ensemble de ces expériences pour imaginer un camping-car à pédales.
À 39 ans, cet Angevin d’origine a exercé de nombreux emplois, barman, boulanger, serveur, conducteur de poids lourds, commercial, manager dans la restauration rapide… Ce parcours varié l’amène à repenser son mode de vie, afin de réduire ses besoins financiers. Il imagine alors une solution radicale : enlever le moteur du camping-car. « J’ai voulu conserver un maximum de confort dans un grand espace, comme une roulotte, mais avec un vélo à la place du cheval », résume-t-il.
5 500 € d'investissement
Il commence ainsi à créer et au bout de cinq mois de travail, à raison de 10 h par jour, il sort de son atelier un premier prototype en septembre 2022. L’investissement s’élève à 5 500 €. La réflexion autour du poids est centrale et il obtient 320 kg sur la balance sans le vélo. Sans assistance électrique, elle avance à 5 km/h sur le plat, mais seulement 1 km/h dans les côtes, pour une quinzaine de kilomètres quotidiens. Il envisage désormais l’ajout d’une assistance électrique pour aller plus loin.
Vivant à l’année dans la Rosalotte, Gaylord finance son mode de vie grâce à des ateliers d’écriture et des conférences dans des écoles et des EHPAD, ainsi que par la vente d’un e-book retraçant son projet. « Ce mode d’itinérance me place dans un autre rapport au temps. Une assistance électrique me permettrait toutefois de multiplier les interventions et de rendre le modèle plus viable économiquement », confie-t-il.
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Une invention confortable
Après plusieurs années de voyage, Gaylord se dit pleinement satisfait du confort de sa Rosalotte. Elle comprend un évier, un garde-manger, un plan de travail, une grande fenêtre, un réchaud-four, un étendoir à linge, un chauffage Truma, une table, un canapé-lit deux places, des toilettes sèches à séparation d’urine, une douche, des lampes, un panneau solaire et une batterie. L’ensemble est autonome et limite l’impact environnemental.
Plus récemment, Gaylord a installé un atelier à Lodève, dans l’Hérault. Il y développe de nouveaux projets, notamment l’électrification d’une Rosalotte. « Je travaille aussi sur une rosalie aménagée, très proche d’un camping-car. À terme, je souhaite proposer de la location, notamment autour du lac du Salagou, et pourquoi pas réaliser un tour de France, voire du monde, pour faire connaître le concept », projette-t-il.
En attendant, Gaylord observe l’émergence de plus en plus fréquente de roulottes tractées par des vélos en France. Il y en aurait une vingtaine en circulation. Partout, elles suscitent curiosité et échanges, chez les enfants comme chez les adultes. « La Rosalotte est une idée un peu folle. Elle cumule les avantages du vélo et les inconvénients du camping-car, notamment l’encombrement. Mais c’est un compromis équilibré, qui permet d’être bien accueilli presque partout, à condition de rester respectueux », conclut-il.
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