L'histoire ferait sourire si les conséquences n'étaient pas aussi concrètes. Lors du week-end du Memorial Day, un camping-cariste s'arrête à la station Maverik de Montrose pour vider ses eaux usées. Au lieu d'utiliser la borne de vidange gratuite disponible sur place, près de la pompe 30, il soulève une plaque de regard en bord de route et y branche son tuyau. Ce qu'il prend pour un point de vidange est en réalité l'accès à la cuve souterraine de diesel de la station, qui venait tout juste d'être remplie.
Des dizaines de milliers de litres à jeter
Une cuve de station-service contient entre 10 000 et 20 000 gallons, soit entre 38 000 et 76 000 litres. Quelques dizaines de gallons d'eaux noires suffisent à rendre l'ensemble impropre à la vente : bactéries, résidus solides et carburant ne font pas bon ménage. La totalité du volume a dû être pompée, traitée comme déchet et la cuve entièrement nettoyée avant toute remise en service. Les automobilistes qui avaient fait le plein juste avant la coupure des pompes s'exposent quant à eux à des filtres et injecteurs colmatés.
Une borne de vidange gratuite était disponible
C'est là que l'affaire devient difficile à défendre. La station disposait d'une borne de vidange dédiée aux camping-cars, gratuite, située à quelques mètres. Le problème : elle se trouvait à proximité immédiate des trappes d'accès aux cuves souterraines, ce qui peut troubler un œil non averti. Un habitant ayant relayé l'incident sur un groupe Facebook local résume la scène : le conducteur aurait simplement ouvert la mauvaise trappe, sans chercher à vérifier. La règle de base rappelée par les spécialistes américains de la vie en van reste la même partout : en cas de doute sur l'emplacement d'une borne de vidange, on demande au personnel avant d'ouvrir quoi que ce soit.
Ce type d'incident n'est pas sans précédent. Un cas similaire s'était produit au Canada en 2020, où des eaux noires avaient cette fois contaminé une cuve de sans-plomb. En France, la vidange sauvage des eaux usées sur la voie publique ou dans la nature est interdite et passible de sanctions.