Comme chaque année depuis 2021, l’obligation d’équipement hivernal prévue par la loi Montagne s’applique de nouveau à partir du 1er novembre 2027 et jusqu’au 31 mars 2027. Le principe est connu, mais ses détails le sont beaucoup moins. D’ailleurs, une récente enquête de l’IFOP réalisée pour le fabricant de chaussettes à neige Musher montre que seule une minorité d’automobilistes sait réellement quels équipements sont acceptés.
D’où vient l’obligation
L’obligation découle de la loi du 28 décembre 2016 relative aux territoires de montagne, dite loi Montagne II. Elle a été précisée par un décret du 16 octobre 2020 et s’applique depuis l’hiver 2021-2022. Son objectif est de limiter les blocages de la circulation et les accidents sur les routes enneigées, quand des véhicules mal équipés restent en travers de la chaussée.
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Elle vaut chaque année du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante, mais pas partout, ni sur toutes les routes d’un même département.
Où elle s’applique
Selon Service-public.fr, 34 départements sont concernés, répartis dans six massifs : Alpes, Corse, Massif central, Jura, Pyrénées et Vosges. Ce n’est pas tout le département qui est visé. Chaque préfet fixe par arrêté la liste des communes concernées, après consultation des élus locaux. Les arrêtés et la liste des communes sont consultables sur le site de la Sécurité routière.
Sur la route, des panneaux signalent l’entrée et la sortie des zones soumises à l’obligation, avec un panonceau rappelant la période hivernale. Mieux vaut vérifier son itinéraire avant de partir : une étape au pied des pistes peut se trouver en zone réglementée, même si l’on n’a pas prévu de monter en altitude.
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Quels équipements pour un camping-car ?
Les camping-cars jouant dans la même catégorie que les véhicules légers et les utilitaires, pour circuler dans une zone concernée, il faut alors l’une des deux solutions suivantes :
- quatre pneus adaptés à l’hiver, c’est-à-dire des pneus hiver ou quatre saisons portant le marquage 3PMSF (un pictogramme de montagne à trois pics avec un flocon) ;
- des dispositifs antidérapants amovibles dans le véhicule, chaînes métalliques ou textiles, ou chaussettes à neige, permettant d’équiper au moins deux roues motrices.
Le seul marquage M+S, sans le symbole 3PMSF, n’est plus suffisant. Les dispositifs amovibles doivent correspondre à la dimension des pneus, un point à surveiller sur les camping-cars dont les pneus sont souvent spécifiques.
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L’obligation d’avoir ces équipements à bord ne remplace pas le panneau B26 « chaînes à neige obligatoires ». Quand il est implanté, les dispositifs doivent être montés sur au moins deux roues motrices, quel que soit le type de pneus.
Une connaissance surestimée
L’enquête IFOP pour Musher, menée en ligne du 7 au 9 octobre 2026 auprès de 1 000 personnes, dont 883 conducteurs, met en évidence un décalage. 83 % des conducteurs pensent savoir quels équipements sont obligatoires, mais seulement 20 % citent correctement les quatre solutions acceptées, sans en oublier ni en ajouter.
Les chaînes métalliques et les pneus 3PMSF sont les plus cités (65 % chacun). Les chaussettes à neige et les chaînes textiles ne sont reconnues que par 56 % des conducteurs, et les pneus quatre saisons 3PMSF par 46 %. Autrement dit, 44 % ignorent que les chaussettes à neige sont autorisées.
Pour Alexandre Baïsse, cofondateur de Musher, ces chiffres montrent qu’il reste de la pédagogie à faire : « Se sentir informé sur la Loi Montagne ne signifie pas nécessairement connaître les équipements autorisés. » L’entreprise a évidemment intérêt à mieux faire connaître les chaussettes à neige, mais le constat vaut pour l’ensemble des équipements.
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La peur de perdre le contrôle
Selon le même sondage, la première inquiétude des conducteurs sur la neige est de perdre le contrôle du véhicule ou de glisser (58 %). Viennent ensuite la crainte de rester bloqué dans la neige (33 %) et celle d’être immobilisé par d’autres véhicules en difficulté (24 %). Près d’un conducteur sur cinq (19 %) redoute de devoir poser des chaînes au bord de la route.
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C’est l’argument principal pour s’entraîner à installer chaînes ou chaussettes avant le départ, à l’abri et au sec. Avec un camping-car lourd, haut et souvent chargé, l’opération est plus délicate qu’avec une voiture. Il faut aussi adapter sa conduite : vitesse réduite, distances de sécurité allongées, freinages anticipés.
Et les sanctions ?
C’est le point le plus flou. Certaines sources évoquent une amende de 135 €, mais plusieurs autres indiquent que le texte permettant de verbaliser le simple défaut d’équipement n’a jamais été publié. Service-public.fr ne mentionne aucune sanction. En pratique, un véhicule non équipé peut être refoulé ou immobilisé lors d’un épisode neigeux. Et en cas d’accident, l’absence d’équipement peut en revanche peser sur la prise en charge par l’assurance comme c’est le cas chez nos voisins germaniques et suisses.
Informations pratiques
- Période : du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027
- Zones : communes listées par arrêté préfectoral dans 34 départements (Alpes, Corse, Massif central, Jura, Pyrénées, Vosges)
- Équipements acceptés pour les camping-cars : 4 pneus hiver ou quatre saisons marqués 3PMSF, ou chaînes (métalliques ou textiles) ou chaussettes à neige pour au moins 2 roues motrices
- Marquage M+S seul : non suffisant
- Liste des communes : site de la Sécurité routière
- Informations officielles : service-public.gouv.fr





