La rubrique "Paroles de voyageurs" de Camping-Car Magazine donne chaque mois la paroles à des lecteurs. Ceux-ci s'expriment ainsi sur un sujet de leur choix dans une lettre envoyée à la rédaction. Dans le magazine numéro 394 publié en mars, Gilles Pierroux réagit suite à l'interview du DG de Camping-Car Park dans notre magazine.
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Voici sa lettre :
"Camping cariste "à l'ancienne" j'ai été choqué par l'interview du DG de Camping-Car Park publiée dans votre édition de février 2026. En réponse au rappel des dispositions du Code de la Route par votre journaliste, il a justifié les interdictions générales de stationner édictées par certains - je dis bien certains - maires par le souhait de répondre - raisons électorales ? -, aux demandes des administrés.
Dit autrement, en France, il y a des lois, mais si des citoyens y sont opposées, il est compréhensible que des élus - chargés par ailleurs d'appliquer lesdites lois - n'en tiennent pas compte.
On saisit bien, en outre, au cours de l'article l'intérêt bien partagé, entre des maires désireux de satisfaire leurs administrés, y compris au prix de quelques entorses au droit, et les sociétés propriétaires des aires de service, qui récupèrent une clientèle quasi captive, sachant qu'au passage les communes perçoivent vraisemblablement une redevance pour occupation du domaine public ou un loyer. Tout le monde est gagnant, sauf les camping-caristes.
Depuis 40 ans que je pratique le camping-car, je suis parfaitement conscient que les choses ont changé (avec la multiplication des véhicules de loisirs), que certains camping caristes ont des comportements injustifiables (mais curieusement on est beaucoup plus tolérant avec les automobilistes, dont les "incivilités" sont numériquement sans commune mesure). Et je suis tout autant conscient que la concentration de camping-cars, parfois abusivement prolongée, dans certaines zones hyper touristiques et à certaines périodes, ou le stationnement dans des centres anciens, soient problématiques.
Cela peut-il justifier des décisions illégales, sachant que le contrôle de légalité exercé théoriquement par le préfet est, de manière générale, inexistant ? Et si vous voulez contester un arrêté municipal illégal, bon courage ! Les procédures sont longues, les sanctions sont inexistantes - à part le retrait de l'arrêté - et n'empêchent pas qu'un nouvel arrêté légèrement modifié mais tout aussi illégal soit pris ultérieurement. Et on recommence... Sans même évoquer les portiques à l'entrée des parkings.
Mettre tous les acteurs du stationnement autour d'une table est une fumisterie : il y a un Code de la Route, le maire a des pouvoirs de police sur le territoire municipal, la France est un Etat de droit (quoi qu'en pensent certains), qu'y a-t-il à inventer ? A part respecter le droit, traduction de l'intérêt général ?
Pour finir sur une note positive et élogieuse, je tiens à dire aussi que certaines municipalités, souvent petites, isolées et délaissées, accueillent les camping-cars avec des petites aires tranquilles, souvent gratuites, placées dans des endroits magnifiques. Parfois il y a un petit château à visiter, un petit lac, un vieux village, non loin de la boulangerie et du boucher local. On peut vidanger, parfois ravitailler en eau, voire se brancher à l’électricité, "à l'ancienne". Ça nous convient parfaitement. Nous n’avons pas besoin de campings au rabais. On arrive encore, heureusement, souvent, à trouver une halte sur la place d'un village ou le parking d'une gare désaffectée... même s'il faut plus de patience qu'il y a quelques décennies !"
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