Près d’un million et demi de Français partent chaque année en vacances en camping-car, et la Bretagne reste la destination la plus prisée d’entre eux. Un succès qui a fini par créer des tensions, documentées cette semaine dans un reportage de TF1info. Sur la presqu’île de Quiberon, les touristes en camping-car racontent devoir désormais réserver une nuitée en camping pour un simple accès à la plage, faute de stationnement gratuit disponible à proximité.
Des règles de plus en plus restrictives sur le littoral
Plusieurs communes bretonnes ont revu leur politique de stationnement ces dernières années. À Quiberon, des emplacements dédiés aux camping-cars existent, mais le stationnement y est limité à six heures. À Lamballe-Armor, dans les Côtes-d’Armor, le maire Stéphane de Sallier Dupin a fait le choix d’un compromis : trois places réservées aux camping-cars sur un parking réaménagé, mais uniquement de 7h à 22h, la nuit étant réservée à d’autres usages du site. Du côté des élus, l’objectif affiché est de limiter les nuisances et de mieux répartir l’espace public entre les différents usagers de la voie publique.
Des arrêtés parfois hors la loi, selon le CLC
Pour les représentants des camping-caristes, ces restrictions dépassent parfois le cadre légal. Le Comité de Liaison du Camping-car (CLC), association fondée en 1994 pour défendre les droits des utilisateurs de véhicules de loisirs, rappelle qu’une commune ne peut pas interdire par principe le stationnement des camping-cars sur son territoire, ni les contraindre à utiliser exclusivement une aire payante. L’association multiplie les recours devant les tribunaux administratifs contre les arrêtés qu’elle juge irréguliers, avec plusieurs victoires obtenues ces dernières années contre des communes comme Cassis, Azur ou Longeville-sur-Mer.
Le CLC pointe également la question de la signalétique : tous les panneaux d’interdiction ne sont pas conformes à la réglementation, seule une liste précise de panneaux étant autorisée sur l’espace public.
Des solutions qui existent aussi
Le reportage de TF1 souligne également que certaines communes choisissent une autre voie, celle de l’aménagement plutôt que de la restriction. C’est le cas de Pléneuf-Val-André, dans les Côtes-d’Armor, où l’aire de services dédiée aux camping-cars enregistre une fréquentation en hausse constante depuis son ouverture. Électricité, vidange et wifi y sont proposés pour une vingtaine d’euros la journée, une offre qui semble répondre à une demande réelle, sachant qu’un camping-cariste dépense en moyenne entre 40 et 80€ par jour lors de ses étapes.
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Ce qu’il faut retenir
- Le stationnement d’un camping-car sur la voie publique reste autorisé par défaut, sauf arrêté motivé et réglementaire
- Une commune ne peut pas imposer par principe l’usage exclusif d’une aire payante
- En cas d’arrêté jugé abusif, le CLC est habilité à agir devant le tribunal administratif
- De nombreuses communes développent en parallèle des aires de services dédiées, avec un succès de fréquentation croissant


