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L’Espace Automobiles Matra à Romorantin : pour revivre l’une des plus belles aventures françaises

Elle fut l’une des plus belles épopées du sport automobile français. L’une des plus titrées également. Pourtant, la création de la branche automobile de Matra, qui ne se contenta pas de la compétition, tiendrait presque du hasard. Le musée qui lui est dédié retrace in extenso cette aventure hors du commun.

Balades et voyages

28/08/2026

Le 16 juin 1974, peu avant 16 h, la ligne droite des Hunaudières résonne pour la dernière fois du cri strident du V12 Matra. La MS670B qui l’anime, menée par Henri Pescarolo et Gérard Larrousse, remportera les 24 Heures du Mans quelques minutes plus tard. La troisième victoire sarthoise consécutive de la marque, et la dernière puisqu’au terme de la saison Matra met fin à son activité en compétition (elle restera toutefois motoriste jusqu’en 1982).

La galerie des voiture d’endurance.

La conclusion d’une quasi décennie d’excellence sanctionnée par des titres de champion du monde constructeur en Formule 1 (en 1969, ainsi que pilote pour Jackie Stewart) et en endurance (1973 et 1974). Seules Ferrari, Mercedes et Alfa Romeo peuvent en dire autant !

Quelques F1 signées Matra ou motorisée par la marque.

Une aventure française

Cette épopée sur circuit, débutée en février 1965, tient bien sûr une place de choix au sein du musée. Ou plutôt plusieurs puisqu’à l’éventail des six sport-prototypes (endurance), s’ajoute la parade de dix monoplaces (F3, F2 et F1).

La lignée des monopalmes qui ont conduit, depuis la F3 au premier plan, à la formule reine.

Et si Versailles a sa galerie des Glaces, Romorantin-Lanthenay (41) a sa galerie des moteurs où trônent, bercées par leurs vocalises, des merveilleuses mécaniques, dont différentes versions du mythique V12.

La galerie des moteurs.

Mais la compétition n’est qu’une partie de l’histoire. Créée en 1941 par Marcel Chassigny, Matra (pour Mécanique Aviation TRAction) est avant tout une entreprise militaire. Mais elle touche d’autres sujets dont l’automobile, étant sous-traitante pour la marque René Bonnet pour laquelle elle fabrique, dans son usine de Romorantin, les carrosseries en fibre de verre de la Jet. Sous l’impulsion de Jean-Luc Lagardère, nommé secrétaire général en 1962, Matra se diversifie en reprenant les activités de René Bonnet, alors en faillite, en 1964.

Les sportives de série. Au premier plan, une Djet suivie par la Matra 530 recarrossée par Vignale.

Des voitures de série…

La Jet devient Djet. Suivront les 530 (1967), Bagheera (1973), dont on ne manquera pas le prototype U8 associant deux 4-cylindres via leurs vilebrequins, Rancho (1977) et Murena (1980) première voiture à recevoir un traitement anticorrosion par galvanisation à chaud. Des créations 100 % Matra sous la houlette du visionnaire Philippe Guédon, toujours en avance d’une idée : les trois places de front (Bagheera et Murena), les gènes des futurs SUV (Rancho)…

La Matra 530, la voiture des copains.

Mais son coup d’éclat reste, sans conteste, l’invention du monospace, avec les projets P16 à P18 qui aboutiront au Renault Espace, en 1984. Les trois premières générations seront assemblées dans l’usine de Romorantin, assurant la prospérité de la branche auto pendant près de vingt ans, jusqu’en 2002, quand le Losange reprend la production en interne. L’ex-Régie laisse à Matra l’Avantime, cadeau quelque peu empoisonné qui fera office de conclusion malheureuse en 2003 à la belle aventure automobile de Matra. Le monospace Renault est omniprésent au sein du musée : galerie consacrée aux prototypes et modèles de série, modèles uniques (Biturbo, 4×4…) dans l’espace dévolu aux concept-cars.

Tous les modèles d’Espace assemblés à Romorantin et, au fond, un Avantime.

… au laboratoire d’idées

Reste la dernière facette de Matra dans ce secteur, la recherche et l’innovation. Dans le sous-sol du musée, un peu à l’étroit et manquant de la lumière dont ils méritent, une vingtaine de concept-cars s’exposent : mobilité électrique, petit roadster, mini-sportive accélérant aussi fort qu’une Ferrari, recherches en modularité et agencement… nombres de domaines de prospective ont été défrichés par Matra Automobile qui était avant tout une ruche en perpétuelle effervescence, un creuset où les idées foisonnaient et, surtout, étaient concrétisées.

Sportive légère ou solution de mobilité innovante, Matra a défriché beaucoup de pistes.

L’Espace F1, Joconde de Romorantin

Pluridisciplinaire, innovante, compétitrice et… un peu folle. Matra était tout cela à la fois. Comme l’Espace F1. Une licorne mécanique (fonctionnelle, du moins à l’époque) qui, sous une carrosserie bodybuildée d’Espace deuxième génération, cache un moteur de Formule 1. À n’en pas douter, la Joconde de l’Espace Automobiles Matra : certains visiteurs ne viennent à Romorantin que pour elle.

L’Espace F1 est, sans conteste, la star du musée.

Infos pratiques

Espace Automobiles Matra, 17, rue des Capucins à Romorantin-Lanthenay (41200)
Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18  h.
Samedis, dimanches et jours fériés, à partir de 10 h.
Fermé le mardi, sauf période de vacances scolaires (zone B).
Tarifs : adulte, 8 € ; enfant de 8 à 16 ans, 5 € 

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